Nous sommes le 9 juin 10H30 semaine trois.

Cette semaine deux intervenantes, deux médiévistes aussi passionnante l’une que l’autre.

Emmanuelle Poulain‐Gautret  dans le module « Fantasy historique, médiévale, épique les cadres de la société » attire notre attention sur la sur représentation de la noblesse dans la fantasy, et la quasi absence des autres classes sociales, pensant avoir trouvé un contre-exemple j’ai ouvert une discussion que je vous retranscris ci-dessous sans commentaires

 

HOBB et les classes laborieuses

Discussion posté le 9 ou 10 juin  par scifan

Il me semble que robin Hobb, fait exception à la règle.

Dans son royaume des Anciens, elle alterne les cycles entre :

Les six duchés dans lesquels les héros appartiennent à la noblesse.

Et Terrilville dont les héros humains, sont des marins, des commerçants, voir des réprouvés (dans le cycle "Les cités des anciens). Nous assistons à l'évolution sociale inverse, en effet dans Retour au pays (prélude aux aventuriers de la mer), nous apprenons que les commerçants de Terrilville, et du désert des pluies, sont les descendants de nobles exilés.

En rapport à: Semaine 3 / Module 1 : Fantasy historique...

1 réponse

Réponse d'emmanuellegautret Équipe pédagogique

Les Aventuriers de la mer, et les récits qui y sont associés (comme le préquel Retour au pays) ne relèvent pas de la fantasy médiévale : ce sont des histoires de pirates, d'îles, de terres nouvelles (l'Amazonie?). Pour cette raison, les repères seront différents. En effet, Retour au pays reprend le motif de "la dame qui apprend à se débrouiller en milieu hostile", motif souvent utilisé dans le cinéma (la dimension humoristique est nette dans le début du récit) - dame qui est amenée à frayer avec le peuple et les ouvriers. On pourrait tout de même remarquer qu'en (re)prenant possession des terres des anciens, le groupe forme une sorte de nouvelle noblesse, acquiert une dimension mythique (cf leur fierté devant leurs "stigmates" à la fin du récit). Quant à Terrilville, elle est en effet montrée plus largement comme cité industrieuse - cela dit, si mes souvenirs sont bons, R.H. s'intéresse surtout à sa grande bourgeoisie commerçante (les "Marchands", ces familles extrêmement attachées à leurs privilèges) et à son rapprochement avec les Anciens, autre sorte de noblesse (cf Reyn et Malta). Mais je pousse ces remarques par plaisir, car ces textes appartiennent bien à un autre genre que la fantasy médiévale "traditionnelle". Bien cordialement, bonne lecture ! EPG

Commentaires :

Cette différenciation n'est pas évidente pour le simple lecteur que je suis.

Apparié à deux sous-genres différents des cycles dans lesquels des personnages vont en ambassade les uns chez les autres. Je n'aurai pas su le faire.

Merci

Posté le 10 ou 11 juin par scifan

Dans le cycle de l'Assassin royal, il y a tout de même le personnage de Molly qui fait vraiment partie du peuple. Certes, il est moins développé que d'autres mais tient quand même une place importante à mon sens. C'est à cause d'elle que Fitz est partagé entre ses devoirs de noble et ses désirs d'homme libre.

Posté le 10 ou 11 juin par CamRagot

Burrich aussi, bien sûr, mais les aventures centrales restent celles de Fitz...

Posté le 10 ou 11 juin par emmanuellegautret Équipe pédagogique 

 

Dans son module Figures héroïques : héros et constellations héroïques, idéologie, initiation. Elle nous dit « Par ailleurs, ces femmes, bien qu’héroïques, ne sont pas les héroïnes principales des récits, qui restent dominés par des hommes. »

Une discussion a été ouverte

Jirel, seule héroïne de fantasy médiévale???

Discussion posté le 11 ou le 12 juin par phcalvet

Suis-je le seul à trouver étrange que Jirel of Joiry soit présenté comme unique figure héroïque de roman dans le genre fantasy médiévale alors qu'il existe des héroïnes telles que Paksenarion, héroïne de la trilogie "The Deed of Paksenarion" d'Elizabeth Moon, qui raconte l'histoire d'une jeune fille qui, fuyant un mariage arrangé intègre une compagnie de mercenaires.

Il peut être également intéressant pour découvrir d'autres héroïnes "guerrières" de fantasy médiévale de se plonger dans les 29 volumes (à ce jour) des "Swords and Sorceress" éditées par M.Z.B…

Réponse de scifan

Bonjour,

Pour moi Tamir dans "Le royaume de Tobin" de Lynn Flewelling, est héroïne principale et guerrière.

Doit-on l’exclure parce qu'elle porte des attributs masculin cousus et le nom de Tobin jusqu'à la révélation de sa vraie nature, à elle-même dans un premier temps, puis à tous.

Pour moi la réponse est non.

Réponse de Tatooa2001

Je ne suis pas d'accord non plus, U.K Le Guin décrit depuis longtemps des héroïnes magnifiques (un de ses derniers bouquins s'appelle d'ailleurs tout simplement "Lavinia", du nom de son héroïne), ainsi qu'Anne Mc Caffrey ou, effectivement, M.Z. Bradley... Après ce ne sont peut-être pas les guerrières pures et dures dont parle Mme Poulain-Gautret...

Réponse d’Atorgael

Vous cherchez des héroïnes ? En voila :

  •     Spérance Monastère dans "Dehors, les chiens, les infidèles" de Maïa Mazaurette.
  •     Chien du Heaume "Chien du heaume" et "Mordre le bouclier" de Justine Niogret.

Deux héroïnes différentes mais très attachantes et en terme de guerrière pures et dures, elles n'ont pas grand-chose à envier à Jirel de Joiry.

Réponse d’emmanuellegautret Équipe pédagogique

Mea culpa de médiéviste, je lis beaucoup de fantasy... mais pas tout, et je me réjouis que vous me nourrissiez de contre-exemples. Pour essayer de revenir sur les textes cités : Lavinia est une héroïne de l'Antiquité, non? Et je ne suis pas sûre que Paksenarion ou l'énorme Swords and Sorceress soit traduit (ce n'est pas une excuse, certes! Bon, je reconnais que j'ai détesté Les Dames du lac et autre Brumes d'Avalon). De Mc Caffrey, je ne connais que Pern, entre SF et fantasy (sujet de débats!), mais j'avoue que cette histoire de Fils ne m'a pas attirée (on se bat, dans Pern?) et ma subjectivité ne devrait rien avoir à faire ici. Peut-être avez-vous d'autres exemples pour cet auteur (cette auteure, si on préfère)? Dehors les chiens, les infidèles met en scène un groupe... Mais je rends les armes sur Chien du heaume et sur Tobin, vraies guerrières ! Une autre vraie guerrière, que l'on pourrait en toute justice m'opposer, est Cendres, l'héroïne de Mary Gentle - qui évolue dans un univers plus proche de la Renaissance, mais c'est encore la fin du Moyen Age. Cela nous fait tout de même quelques noms à ajouter (malgré l'écrasante majorité de héros masculins guerriers - en ce qui concerne le Moyen Age, plus conformes à la réalité historique...). Merci donc ! EPG

Le surlignage dans la réponse d’emmanuellegautret, n’est pas d’elle mais je l'ai ajouté pour ma satisfaction personnelle. Vaniteux n'est ce pas ? tien un défaut que j'avais oublié.

 

Le module « Surnaturel, merveille et magie », de Myriam White-Le Goff est le seul à citer Tzvetan Todorov, bien que son rôle dans la définition du genre soit essentiel comme l’avait souligné Anne Besson en semaine 0 dans sa « Définition de la fantasy » « J’utilise la grande distinction de Todorov  entre « fantastique », « étrange » et  « merveilleux » »        

Encore une fois je précise précises que mon intention n’est nullement de dénigrer ce MOOC, que j'ai adoré et auquel je me réinscrirais pour la session 2016.

Mais il se trouve que n’ayant jamais entendu parler de Todorov, j’ai cherché à en savoir plus. Si vous rechercher sur Google « classification Todorov » la première réponse affichée est « Todorov et le fantastique – The Adamantine » site sur lequel Christian Wahl, connu sous le pseudonyme Harry Morgan auteur, éditeur, et théoricien de la bande dessinée, que je ne connais pas plus que Todorov, voue ce dernier aux gémonies   

J’ai donc cherché si d’autres contestaient la distinction de Todorov  entre « fantastique », « étrange » et  « merveilleux » et effectivement, j’ai trouvé entre autres.

Dès 1972 Jeanne Favret du C.R.N.S. université de Nanterre dans une critique d’ « Introduction à la littérature fantastique », publiée dans la « Revue Française de sociologie » volume 13 numéro 13-3 pages 444 à 447,  écrit « Que le cavalier Todorov se perde dans les sables dès qu’il s’agit de sémantique (objet de la seconde moitié de l’ouvrage, ce qui n’est pas rien)… l’échec  – sans doute provisoire – de la sémantique du genre fantastique en littérature met donc en question l’ensemble de l’entreprise.

 La Québécoise Catherine Rondeau, quand à elle, dans son ouvrage « Aux sources du merveilleux » conclus son chapitre « vers une première définition » par « je décide donc d’ignorer ce débat lexicologique et d’utiliser en ces pages les termes fantastique et merveilleux de manière équivalente.»

Je note néanmoins qu’hormis Harry Morgan, les critiques sont nuancées et que personne n’a proposé d’autres critères aux définitions de ces genres.

Suite : L’activité corrigée par les pairs