Donc en septembre 65 je rentre chez EDF GDF, à l’époque établissements publics, j’y avais fait mon stage de BEC, au centre de distribution mixte de saint Mandé. Mon boulot mettre un tampon d’endos sur les chèques de règlement reçu des abonnés. Deuxième jour je demande un rendez-vous au service du personnel, obtenu dans l’heure et j’explique que je n’ai pas fait quatre ans d’études pour tamponné des chèques, l’après-midi même j’étais muté à la « Caisse d’action sociale », vous remarquerez la simplicité de la méthode pour se débarrasser des trublions.

La Caisse d’action sociale, structure dépendant du comité d’entreprise, gère les activités sociales du centre de distribution, sorties du mercredi pour les enfants du personnel etc. et fait fonction de centre de sécurité sociale pour le personnel du centre de distribution. Là s’est faite mon éducation ouvrière, 36, les grandes grèves, la répression. Entouré de personnages haut en couleurs (rouges) j’apprends les nuances entre PC et PSU, les engueulades homériques  qui se terminaient souvent par l’un(e) ou l’autre disant « tu vois avec tes conneries tu as réveillé le petit » un coq en pâte militante vous dis-je. Je n’ai jamais rencontré depuis de gens aussi solidaires. 

J’aurai pu y dormir longtemps mais le 31 mars 66 je les quittais, pour le poste de serveur de jour au Milord Mod’s Que je ne garderai que trois mois. De juillet à décembre 66 intérim, dont une longue mission dans une banque d’affaire qui a disparue depuis, la bourse les options les opérations à terme, les cartes perforés pas inintéressant. Le 23 décembre veille de mon mariage, ils me refusent des congés jusqu’à la fin de l’année, je ne cède pas, plus de missions de la boite d’intérim.

Janvier à avril 67 une place d’huissier au siège d’EDF, accueil et livraison de courrier dans les étages, il faut bien manger avant le départ sous les drapeaux.

En septembre 68 dégagé de mes obligations militaires, je rentre comme comptable analytique dans une boite de produits chimiques, boulot intéressant patron givré (ça existe), je claque la porte mi-juin 69.

Je contacte un ami ex du groupe de régulation, qui travaille au Club Méditerranée il m’obtient un rendez-vous d’embauche.

C’est la rencontre avec mon mentor, la place de chef comptable étant vacante, c’est l’expert-comptable, qui me reçoit, je lui dois toute ma carrière, il m’embauche, me voilà GO à compter du 1er juillet 69, attention GO siège, pas GO village (taillable et corvéable à merci), c’est l’époque Gilbert Trigano, vouvoiement pas interdit mais fortement déconseillé, ça me va comme un gant. Comptabilité siège (il existe aussi une comptabilité villages), comptable fournisseur, jusqu’en janvier 71.

En janvier 71 je sollicite une promotion après du chef comptable, embauché entre-temps, celui si me répond que c’est impossible pour le moment, je lui fais donc part de ma décision de partir. Lors d’une visite de l’expert-comptable, le  chef comptable m’appelle dans son bureau, expose la situation, et interpelle l’expert « dit lui toi qu’il ferait mieux de rester avec nous », lequel me dit à la place « tu veux vraiment partir ? » et ajoute après ma réponse affirmative « j’ai une place pour toi ! » tête du chef… Précision de celui qui venait de devenir mon mentor « si il a décidé de partir, je ne peux pas l’en empêcher, et il se trouve que j’ai une place pour lui chez un autre client, tu peux lui donner sa promo ? Non ? Alors ! »

Ici il faut que je vous dise deux choses, la première c’est que je suis intelligent, oui je sais écrire çà est une preuve d’inintelligence, mais bon voilà c’est vrai, j’étais intelligent, brillant même. Au cours de ma carrière, mes analyses, mes suggestions, mes décisions, ont été appréciées par mon mentor bien sûr, mais aussi par mes employeurs, de hauts responsables informatiques, des avocats d’affaire réputés, français, et internationaux, etc… Mes défauts je les évoquerais plus tard.

La deuxième c’est qu’en ce temps béni de l’expansion économique, certains jugeaient les gens sur leurs capacités, et pas prioritairement sur leurs diplômes.

Le 18 janvier 71 je deviens l’adjoint au chef des services administratifs de la société Airtour, il s’agissait d’un tour opérateur (tour opérator à l’époque), promu chef comptable le 1er janvier 74.

En 1975 il est question d’informatisation, les IBM mens viennent faire un tour dans l’entreprise, font passer des tests aux cadres, d’après leur rapport mes résultats sont exceptionnels, mais ces tests et leurs résultats sont la propriété d’IBM. L’informatisation ne se fait pas. Fin 75 fusion avec Euro7. Euro 7 est le reliquat du Club Européen du Tourisme (CET) après absorption de ses activités club par le club méd. Déménagement de la rue Sainte Anne à l’avenue de l’Opéra.

En 83 une décision d’informatisation des réservations, et de toutes les taches en découlant (gestion des contingents hôteliers, réservations hôtelières, gestion des charters, réservation des vols réguliers, émission des documents de voyages, émissions des listes destinés aux prestataires, terrestres et aériens, facturation aux agences de voyages [pas de ventes directes à l’époque]).

Ce projet pharaonique est développé en commun entre Airtour Euro7 et Jet tours. Jet tours était une filiale d’Air France, dont Airtour avait commercialisé les produits sous la marque Jet tours avant la création par la compagnie nationale du tour opérateur du même nom, d’où une proximité historique. L’ensemble logiciel tournera sur le système informatique d’Air France, Alpha 3, dont l’infrastructure est à Sophia Antipolis, et dont de très nombreuses agences de voyages, dans le monde entier, étaient équipée de terminaux.

Chaque tour opérateur, définit ses besoins, une coordination étant prévue en fin d’étude.

A suivre… Ma Carrière partie 2