Nous sommes donc en octobre 92, adieu Cannes, Avoriaz (mon préféré), Deauville, les séjours sur le Yacht du boss pendant Cannes, de toute façon il l’avait déjà vendu. Vous êtes curieux ? Je ne devrais pas mais c’était celui-là

http://www.moranyachts.com/yacht/beluga

un petit clic droit pour aller visiter.

Mon mentor m’obtient un  rendez-vous au club méditerranée pour un poste dont je ne me souviens plus, l’époque a changé les parcours atypiques ne séduisent plus, je ne suis plus un perdreau de la dernière couvée, mes prétentions sont trop élevée (je demande les trois quarts de mon dernier salaire), échec.

Je monte une petite société de prestations de services en relation avec les films. Le cinéma est le royaume du droit réel. Bref aperçu de droit :

Vous prêtez de l’argent à un ami, cet ami à une dette envers vous, vous avez une créance sur lui, c’est un droit personnel.

Cet ami avec cet argent achète une maison, il vous accorde une hypothèque sur la maison, c’est un droit réel qui s’exerce sur le bien, et non plus sur la personne de votre ami. Idem pur tout objet susceptible d’être gagé.

Dès qu’i y a droit réel il y a enregistrement et publicité (pas de la réclame non, mais la possibilité offerte à tous de consultation des registres [des hypothèques par exemple], recensant les droits concernés.

Au RPC Registre Public du Cinéma, sont enregistré tous les contrats concernant tous les films français ou étranger, Un contrat non enregistré oblige les parties signataires entre elles mais n’est pas opposable aux tiers. Cela concerne les contrats :

  • De droit d’auteurs.
  • De droits d’adaptation.
  • De réalisation.
  • D’interprétation.
  • De coproduction.
  • De prêt.
  • De distribution.
  • De cession de droits de diffusion TV.
  • De cession de droits vidéo.
  • De vente à l’étranger.
  • Etc…

Tous ces contrats contiennent ou sont susceptibles de contenir des cessions, délégations, transport, de droits à recettes. Cession en principal ou en garantie accessoire (exemple classique en distribution si les recettes salles ne permettent pas le remboursement des frais de sortie, le producteur cède en garantie au distributeur le prix de cession de la deuxième ou troisième diffusion TV. La première diffusion ayant servie au financement du film.)

Souvent le cédant cède au cessionnaire une part des droits tel qu’il les détient au moment de la signature du contrat.

Ma société obtient un gros contrat avec un laboratoire installé sur les quais de seine. Pour ce laboratoire en difficulté, nous analysons la valeur des droits détenus en garantie du paiement par les producteurs défaillants de travaux réalisés depuis plusieurs années. Les laboratoires ont en plus un droit réel sur le matériel (négatif interpositif etc..) mais ce droit n’est pas monnayable. La valeur d’un droit dépend de son rang et des sommes dues au titres des droits précédant les vôtres. Après trois mois d’analyses à quatre personnes, je confirme ce qu’à chaque étape nous avions annoncé, à échéance de trois ans quasiment aucunes recettes ne sont à attendre sur ces vieilles créances. Le Labo se met en cessation de paiement, nous sommes créanciers chirographaire deux mois  de travail nous sont dues nous ne verrons jamais rien entré. Fin de l’aventure.

Assedic jusqu’à septembre 94.

M et moi avons pris une décision prendre un commerce, après réflexions le seul ou nous ne butions pas sur un problème de compétence insurmontable, fut la Librairie Papeterie Presse. Donc le 6 octobre 94 nous acquérons un fonds qui ne tourne pas mal dans une charmante petite ville des hauts de seine. Il y a un appartement de 4 pièces au-dessus de la boutique, nous emménageons ensemble.

Je n’ai pas la prétention d’être devenu libraire, surtout  que je m’occupais surtout de la presse et de la gestion et avec les offices Volumen, Sodis, Hachette, Union Distribution et Inter forum, il y a du boulot. A deux « debout les damnés de la terre » le commerce de proximité (pour ne plus dire « petit commerce » c’est le bagne 8 à 10 heures par jour 6jours à 6 jours et demi par semaine, pour gagner une misère, avantage nous sommes logés, et nous n’avons pas le temps de dépenser. Tant que nous remboursons le crédit, et que nous payons le loyer, les charges et la nourriture, tout va bien.

Objectivement nous nous débrouillons plutôt bien, M à un vrai talent elle conseille ses client(e)s en fonction de leurs gouts qu’elle a appréhendé, et ils sont toujours satisfaits (un travail de synthèse intuitif de ce que chacun dit dans la boutique époustouflant). Quand nous nous sommes installé il y avait quatre librairie sur la commune en 2000 nous étions les seuls.

Si la librairie se développe la presse stagne, et la papeterie diminue à vitesse V.

En 2006 une opportunité se présente pour la cession du fond (disparition de la librairie intégration de ses locaux dans la moyenne surface alimentaire qui la jouxte).  Après une très belle négociation la vente se fait le 30 juin 2006. Nous gardons l’appartement je garde l’activité de fournisseur de la bibliothèque municipale, Ils embauchent M en CDD avec un bon salaire jusqu’à son départ en retraite.

Le 1er décembre 2007 je prends ma retraite, retour à l’opulence (grosses cotisations pendant ma carrière, retraite plus qu’honorable).

 

Je garde l’adresse email que j’avais en tant que libraire, Je suis casanier encore un défaut, je reçois tous les jours le mail de livre hebdo, fin avril ils parlent du MOOC, j’en parle à Tab, qui m’incite à m’inscrire,  elle revient à la charge, je m’exécute.

FIN DE MA CARRIÈRE.

Dernier élément de la personnalité de Scifan utile (éventuellement) à la bonne compréhension de mon ressenti du MOOC : Mes Lectures