• Physique :

16 ans. Assez grande, fine, cheveux ondulés et blonds toujours détachés, yeux d’un bleu très clair. Elle porte une longue robe pourpre (doublée d’un corset), maculée de sang et de terre, par endroits déchirée, par d’autres brûlée. Son seul accessoire est un anneau fait de cuivre, un héritage de sa famille qu’elle porte sans arrêt à son index droit, qui lui permet d’enflammer les armes qu’elle utilise sans qu’elle ne puisse se brûler elle-même. Elle marche pieds nus.

  • Caractère :

Ses lèvres forment constamment un sourire léger, ce qui lui donne l’impression d’être douce et peut-être naïve. Elle est pourtant cassante, peu bavarde, prête à tout pour arriver à ses fins, même à utiliser des moyens brutaux et, durant sa fuite, mortels. Elle est intelligente, ce dont elle se rend compte. Elle est donc calculatrice, déterminée et sûre d’elle. Cette différence entre son sourire, qu’elle porte même en étant particulièrement désagréable, et ses actes la rend déstabilisante pour les autres. Cependant, elle garde en mémoire ce qui est juste, et n’est donc jamais celle qui attaque en premier.

  • Aptitudes :

Agile, manie très bien l’arc (son arme préférée) et un peu moins bien la hache. Elle peut parfaitement bien se débrouiller seule, mais peut accepter de l’aide si elle se présente.

  • Métier / Occupation:

Aucune, puisqu’elle est constamment en cavale. Elle est cependant fascinée par le feu et le pouvoir que son anneau lui donne, et passe son temps à faire des expériences plus ou moins douteuses (elle a des tendances pyromanes).

  • Les secrets :

Elle est terrifiée par les orages, qui la font totalement paniquer.

Histoire

Toute petite déjà, Adelheid était différente. Alors que les autres petites filles de son âge tentaient de ressembler à leurs nobles mères, se promenant avec elles et faisant la conversation de façon déjà tout à fait charmante, elle préférait rester seule, à regarder les nuages, allongée dans le parc du domaine familial. Elle n’était tout simplement pas intéressée par le contact extérieur. Ses parents, des nobles puissants bien que n’appartenant pas à la Cour de Marie-Antoinette, ne s’en inquiétaient cependant pas. Ils lui avaient appris à sourire en toute circonstance, qualité recherchée chez une jeune fille de la noblesse française. De toute manière, Adelheid était parfaitement éduquée et s’en sortait très bien en société, et c’était tout ce qu’on lui demandait. Son père lui avait aussi appris le maniement de l’arc en cachette quand elle arriva à l’âge de 7 ans, pensant que sa fille pourrait aimer la passion que sa femme détestait tant, ce qu’elle fit. Le tir devint dès lors l’activité favorite d’Adelheid, activité maîtrisée à la perfection par la jeune fille à peine âgée de 13 ans à force de s’entrainer dès qu’elle arrivait à échapper au contrôle de sa mère.

Elle grandit ainsi, alternant mondanités et tir à l’arc, entourée du faste et de la richesse mais n’en éprouvant nul plaisir, préférant le calme de la nature aux gloussements qui rythmaient les longs après-midi des salons qu’animait sa mère. Son mariage avec un gentilhomme, le fils d’une amie de sa mère, fut même prévu pour le jour de ses 17 ans.

Sa mère lui donna un anneau de cuivre le jour de ses fiançailles, tout en lui indiquant bien qu’elle ne devait le porter qu’en cas d’extrême nécessité, ce qui n’avait pas beaucoup de sens pour Adelheid à cet instant.

La vie d’Adelheid bascula lorsque la révolution éclata, quand elle eut 16 ans. Sa famille, habitant à proximité de Paris, fut attaquée, un soir de mai, alors que ses parents et elles dinaient calmement dans le grand salon de leur château. Sa mère, dans la panique générale qui régnait au milieu du combat, lui cria d’enfiler son anneau et de s’enfuir, avant d’être brutalement poignardée par un révolutionnaire, sous ses yeux. Adelheid enleva précipitamment ses chaussures décidément trop inconfortables et s’enfuit le plus vite possible vers la forêt du parc de la demeure, enfilant son anneau dans la foulée, récupérant son arc sous un rocher à l’ombre d’un grand chêne et accrochant précipitamment son carquois à son épaule. Ne réfléchissant plus à ce qu’elle faisait, elle tua ses deux poursuivants d’une flèche dans le cœur, ne remarquant leur embrasement que lorsque les deux hommes gisant à ses pieds se consumèrent devant elle.

Ce fut le début d’une longue cavale pour la jeune fille encore sous le choc. Elle apprit à survivre dans la nature, n’étant pas la bienvenue dans les rares villages où elle bivouaquait parfois, car ses vêtements trahissaient son origine noble. Après tout, elle pouvait se débarrasser de ses bijoux, mais pas de sa robe, ni de la récompense offerte aux gens pour chaque noble tué. Adelheid, endurcie et en danger permanent, se sentait pourtant enfin libre. Bien qu’elle ait pris l’habitude de sourire, elle n’était plus forcée de faire la courbette à des gens qu’elle souhaitait avant tout ignorer et personne ne pouvait lui reprocher sa froideur, à présent.

Elle fut tout de suite fascinée par l’étrange pouvoir de l’anneau de cuivre, dont elle ne se séparait désormais plus, et commença à faire des expériences avec, testant son efficacité avec les plantes qui l’entouraient, les animaux qu’elle chassait ou les assaillants téméraires qui osaient l’attaquer. Elle découvrit ainsi que son anneau n’agissait pas sur elle mais plutôt sur son arme, et qu’il lui procurait une résistance au feu produit par celle-ci. Le même pouvoir s’appliquait à sa hache, qu’elle avait récupérée sur le cadavre d’un bûcheron ayant tenté de l’assassiner avec et qu’elle portait depuis attachée lâchement autour de sa taille à l’aide d’une corde.

Cette routine, composée de marche et de combats, fut brisée quand un orage éclata alors qu’elle marchait dans la forêt. Terrifiée, elle se mit à courir, sans but précis et ignorant les branches qui lui fouettaient le visage et déchiraient sa robe. Elle se pensa sauvée lorsqu’elle aperçut ce qui pourrait lui servir d’abri, creusé naturellement dans le tronc d’un arbre et se dirigea alors par là. Elle n’arriva jamais à destination, car à peine avait-elle fait trois foulées en direction de l’arbre qu’un éclair s’abattit sur elle, lui faisant perdre connaissance instantanément.

Lorsqu’elle se réveilla, après deux jours d’inconscience, elle comprit, sans réellement savoir comment, que l’endroit où elle se trouvait n’appartenait pas à son monde.

Auteur :  Skipwyth

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