Nous sommes donc en 1983, j’ai une relation récente avec M, Il faut vous dire que j’aime les femmes. Quand je dis que j’aime les femmes cela ne veut pas dire exclusivement, pour les relations intimes, et d’ailleurs dans ma longue vie je n’ai eu que peu de partenaires moins de dix et on peut compter sur les doigts d’une main celles qui ont eues une réelle importance dans ma vie.

Le problème c’est que je fais tout à l’envers, ma première expérience a fini par un mariage six mois plus tard. Et je n’ai pas vraiment été fidèle, mais j’ai changé vieillis, bon fini pour ce défaut-là.

Digression terminée.

Chez Airtour nous composons une équipe de trois personnes, Francis le chef des services techniques, Armand chef du service contrôle, et votre serviteur. Notre mission, définir nos besoins :

  • Analyse de chaque poste de travail (concerné) les actions, leurs buts, leurs causes, et leurs conséquences. Cela peut paraitre simple mais les gens qui font le même boulot depuis des années, quand ils doivent décrire leur poste ils oublient certaines tâches qu’ils accomplissent par automatisme, seule l’observation permet de détecter ces omissions, donc les interviews doivent être conduites pendant l’exécution du travail. De même les causes, et buts de certaines tâches sont oubliées, heureusement il y a toujours quelqu’un qui en cherchant dans sa mémoire profonde se souvient.
  • Analyse des tâches primaires pour suppression ou maintien et dans ce cas intégrations ou non dans le progiciel.
  • Analyse de la composition des services que nous vendons, pour en faire des catégories objets d’assemblages pour aboutir à tous les Services finis (au sens de produit fini) ceux que nous vendons, et ceux que nous sommes susceptible de vendre dans le futur.

Des mois de travail, entrecoupé de réunion de coordination avec, l’équipe Jet Tours qui fait le même travail chez eux, et l’équipe Air France composé du chef du centre informatique, du chef de projet, et de quelques analystes.

En mars 84 démarrage de la réalisation d’Atoll Automatisation du Tourisme et Organisation des Loisirs Libresimages  et oui il existait des règles pour nommer un progiciel.

Les deux équipes Airtour et Jet tour sont détachées à Sophia Antipolis sur le site Air France, pour vérifier que les résultats des programmes mis aux points sont corrects et conformes aux attentes.

Au passage je deviens chef des services informatique, et mon adjointe prend la place de chef comptable.

Le centre informatique Air France, si vous croyez savoir ce qu’est l’informatique, vous allez être surpris (pas tous bien sûr).

Cela fait plus de trente ans alors les chiffres ne sont pas garantie si quelqu’un les connait mieux qu’il n’hésite pas à nous les communiqués.

Dans la forêt, dans un parc sécurisé un ensemble immobilier dont le bâtiment principal doit faire entre 600 et 1000 m² au sol, dans ce bâtiment des niveaux bureaux, un niveau machine, des armoires des racks quelques pupitres opérateurs sur 600 à 1000 m², un niveau mémoire, alignés sur la même surfaces des unités de disques, des appareils hauts de 80 cm 1.20m  de section carrée de 50 à 60 cm  de côté avec des couvercles transparents, ces deux niveaux sont sous atmosphère contrôlée, hydrométrie, poussière etc.. On y accède par des sas, parfois pour entrer il faut attendre que quelqu’un sorte. Des couloirs souterrains interminables avec des gaines aux plafonds, la salle des batteries !

Le centre est équipé de groupe(s) électrogène pour parer aux éventuelles coupures du réseau, mais vous avez beau avoir un système de démarrage perfectionné et ultra rapide il y a un délai aussi infime soit il entre la coupure réseau et le démarrage d’un groupe. Pour maintenir l’alimentation des machines pendant ce délai ce sont des accumulateurs qui fournissent le courant,  comme des batteries de voiture alignées à perte de vue dans une salle immense. Les combinaisons branchements en séries pour obtenir du 220 v  et parallèles pour obtenir l’intensité nécessaire au fonctionnement du centre, je préfère ne pas y penser.

En 1984 quand j’ai visité, ma première pensée fut « incroyable quel décor pour un film de SF ! ».

Le système s’appelait Alpha 3, parce que censé répondre à toute requête (d’où qu’elle émane dans le monde, et quel que soit le nombre de requêtes émises simultanément dans le monde) en moins de trois secondes. C’était il y a plus de trente ans, sur un réseau privé avec des dizaines de milliers (peut-être des centaines de milliers) de terminaux aux quatre coins de monde. Un système en temps réel extrêmement performant.

Pour ce faire Air France a fait des choix lourd le système travaille avec un OS Unix basique, toutes les fonctions gestions des fichiers (par exemple) sont gérés par les applications. Choix lourd parce qu’il a permis d’être très en avance sur les temps de réponse à sa création, mais qu’il prive le système des progrès fait par Unix sur ces fonctions. Et surtout une erreur lors d’une modification de programmes peut avoir des conséquences catastrophiques. Air France a donc développé une activité de contrôle en batch qui fonctionnait toute les nuits.

Il a été créé :

  • Une capture de l’état des fichiers un jour indéterminé « Origine ».
  • Un nombre très important de transactions de tous les types possible à partir de tous les états possible avant transaction, avec tous les résultats possibles, devant donner tous les états possibles après transaction « les transactions ».
  • Une capture du résultat des transactions et de l’état des fichiers après exécution des transactions « résultat à J ».

J’ai inventé les termes entre guillemets pour clarifier le processus.

Chaque jour une version des applications avec les modifications de programme du jour est exécutée sur le système batch, on charge les fichiers « Origine », on exécute « les transactions » on obtient « résultat à J » que système compare à  « résultat à J-1 » et édite sur listing toutes les divergences entre J et J-1, qui sont analysées, pour simplifier :

  • Soit la divergence est le résultat recherché par la modification du programme auquel cas la programme modifié est mis en service sur le système en temps réel.
  • Soit cette divergence est inattendue il faut rechercher sa cause et le corrigée dans le programme modifié qui ne sera pas mis en service.

Ceci tournait pour les réservations aériennes depuis plusieurs années.

Nous voici sur places les équipes des deux tours opérateurs et le staff Air France. Nous avons prévu des fonctions qui n’intéressent pas jet tours et vice versa, mais qui peut le plus peut le moins donc quasiment pas de problème. Nous définissons les fichiers dont nous avons besoins, les processus transactionnel, les écrans de saisie désirés, les écrans de sortie, les sorties papiers, les sorties sur support magnétiques. Nous approfondissons tous ensemble certaines analyses. Ils écrivent des lignes de codes.

Nous réalisons pour nos activités des « Origine », « les transactions » et décortiquons les premiers « résultat à J » puis à partir du lendemain trions les nouvelles transactions ajoutées à  « les transactions », les améliorations ou détériorations des programmes, nouveau développements mis en service.

Notre cohabitation de cinq mois, Francis, Armand et moi dans une Location à Grace, est plus qu’un excellent souvenir.  

Armand est retourné à son poste opérationnel et auprès de sa famille en septembre 84, il a été remplacé à Sophia par son adjointe, ma famille est venue s’installé d’abord au plan de Grace en septembre 84 puis nous avons fait construire dans le haut var. Le détachement c’est terminé en septembre 86. Avec les études préalable ce projet aura duré trois ans mais " Nom de nom on a pondu un putain de truc !"

Je rentre en région parisienne, mon ex reste dans le haut var.

En mars 87 je suis touché par un licenciement économique collectif. La chef comptable avait légitimement fait ses preuves depuis près de trois ans, et mon poste ne se justifiait plus. By by

Encore à suivre… Ma Carrière partie 3